Labo des Désirs du 2 au 6 novembre 2026 – « Le royaume des mères »

En novembre, le Labo des Désirs entre dans Le royaume des mères.
Un royaume sans frontières fixes, sans couronne ni palais. Un territoire fait de transmissions, de filiations réelles ou choisies, de gestes reçus, oubliés, transformés, réinventés. Un endroit où l’on se demande ce que l’on reçoit, ce que l’on porte avec soi, ce que l’on laisse derrière et ce que l’on choisit, à notre tour, de transmettre.
Pendant une semaine, les corps chercheront leurs origines autant que leurs échappées.
On fera circuler les gestes de corps en corps, comme une mémoire vivante qui se transforme à chaque passage. On poursuivra la marche des Antigones, entre récits de femmes, résistances, transmissions et mémoires du quartier. On entrera dans la matrice, espace vivant où les corps et les matières pourront naître, construire, se transformer, transmettre, puis laisser à nouveau place au possible. On ralentira jusqu’au sol, au souffle, aux mouvements presque invisibles, pour sentir ce qui nous soutient et retrouver ce que le corps sait avant les mots.
Le théâtre et la lecture nous entraîneront aussi là où les héritages deviennent plus troubles : dans la perte, la colère, l’amour, la maternité, le choix, l’abandon, mais aussi dans l’expérience de la disparition. Les mots pourront quitter le livre, descendre vers les corps, la lenteur, la gravité, pour chercher ce qui demeure lorsque quelque chose ou quelqu’un s’efface.
Car un héritage n’est jamais immobile. Il passe d’un corps à l’autre, se raconte, se contredit, se déforme, laisse des traces et se réinvente. Il peut être un geste reçu, une mémoire familiale, une manière de tenir debout, une blessure, une voix, un refus, une histoire qu’on ne veut pas voir disparaître.
Le royaume des mères ne célèbre pas une figure unique de la mère. Il ouvre une question : de quoi sommes-nous les héritier·es ? Qui nous a porté·es, guidé·es, nourri·es, protégé·es ? Qu’avons-nous dû défendre, refuser ou transformer ? Quelles mémoires vivent encore dans nos corps ? Et lesquelles voulons-nous transmettre autrement ?
Après avoir fait vague en septembre et laissé les corps prendre les manettes en octobre, novembre revient vers ce qui nous précède. Non pour retourner en arrière, mais pour chercher, dans les matrices, les lignées, les gestes transmis, les pertes et les résistances, ce qui demeure, se transforme et permet de recommencer.
Un royaume à traverser ensemble, où hériter pourrait aussi vouloir dire transformer.

Lundi 2 Novembre

14h à 18h. Atelier Écriture & Performance . Arpentage du livre « Une mort très douce » de Simone de Beauvoir par Jean-Marc Jugant 
Et si accompagner la disparition d’un être nous ramenait à ce qui, en nous, demeure vivant ?
Dans Une mort très douce, Simone de Beauvoir raconte les dernières semaines de sa mère. Entre proximité et distance, tendresse, gêne, mémoire et corps qui décline, elle traverse cette expérience sans l’adoucir ni la simplifier.
À partir de cette lecture, l’arpentage fera circuler le texte de main en main, de voix en voix, pour laisser émerger ce qu’il remue en chacun·e : notre rapport aux mères, à la finitude, à la fragilité des corps, à ce qui disparaît et à ce qui continue de nous habiter.
Puis les mots quitteront peu à peu le livre pour rejoindre le mouvement. Inspirée par le Butô, la recherche performative nous ramènera vers une matière plus primitive : le poids, la lenteur, la gravité, la terre, les métamorphoses du corps.
Sorti·es du limon malgré nous, nous y retournerons le temps d’une danse. Entre gravité et apocalypse, nous chercherons ce qui peut encore naître au bord de la disparition : une présence fragile, un geste, une résistance, une éphémère fleur de lotus surgissant sous nos pieds.
Une mort très douce ouvre un autre chemin vers l’origine : non plus seulement ce que les mères nous transmettent, mais ce qui demeure lorsque leur présence s’efface.
Un arpentage pour traverser les mots, descendre vers la matière des corps et laisser surgir, au cœur même de la disparition, une forme fragile de recommencement.

19h à 21h. Chaises musicales — Jam ouverte
Le Labo des désirs ouvre un espace de jeu et d’écoute partagée avec Chaises musicales. Une jam ouverte, vivante, où les sons circulent librement et se composent en temps réel.
Les lundis, les Chaises musicales invitent Yessaï , collectif de percussions et de Rythme Signé, pour faire vibrer le Petit Cab.
Yessaï est un collectif de percussions et de Rythme Signé. On compose ensemble, en temps réel, guidé·es par des gestes simples. Pas de partitions, juste de l’écoute, du rythme et beaucoup de plaisir à jouer ensemble.
Le Rythme Signé est un langage gestuel qui permet de créer la musique en direct. Un·e directeur·rice de jeu impulse, oriente, transforme. Les signes modulent le rythme, l’intensité, la hauteur, la texture du son.
Viens comme tu es, avec ton instrument, ta voix, ton groove.
Percussions fournies sur place !
Un laboratoire sonore ouvert à toustes, où l’improvisation devient un terrain de rencontre, de circulation et de joie partagée.

Mardi 3 Novembre

10h à 13h. Atelier Danse, “Ce que le corps transmet” par Corinne Pontana
Et si nos corps gardaient la mémoire de ce qui nous a précédé·es ?
À la manière d’un sémaphore, où un message circule par une succession de signes, cet atelier explore le corps comme moyen de communication.
Un mouvement devient un signe, un corps devient un relais, et le geste voyage de personne en personne. Au fil de sa transmission, il évolue, se transforme et donne naissance à de nouvelles formes.
Que reste-t-il du mouvement initial après plusieurs passages ?
Que se passe-t-il lorsque chacun·e s’approprie ce qu’il ou elle reçoit ?
D’abord en groupe, peut-être en extérieur, nous construirons peu à peu une chorégraphie collective faite de gestes partagés. Puis, dans le studio, chacun·e tentera de restituer les mouvements reçus : comme les traces d’un héritage, une mémoire vivante qui circule et se réinvente.
Un geste donné, un geste reçu, un geste transformé : une chaîne de mouvements où chaque corps devient, à son tour, messager.

14h à 18h. Atelier Théâtre Dansé «La Riposte» par Aurélie Imbert
Et si certaines décisions nous obligeaient à choisir ce que nous voulons encore porter ?
Une femme apprend que l’homme qu’elle aimait est mort sur le front du Donbass, tué par un sniper qui doit aujourd’hui épouser l’une de ses amies. Au même moment, elle découvre qu’elle porte l’enfant de celui qui n’est plus là.
Entre douleur, colère, amitié et haine, quelque chose vacille. Faut-il pardonner ? Refuser ? Garder cet enfant ? Interrompre la grossesse ? Comment continuer lorsque l’amour, la perte et la rage se rencontrent au même endroit ?
À partir de cette situation extrême, l’atelier explore par le théâtre, le mouvement et la danse les contradictions qui traversent un corps confronté à l’impossible. La colère peut devenir geste, l’absence prendre place dans l’espace, le doute modifier une démarche, une respiration, une relation à l’autre.
Il ne s’agit pas de chercher la « bonne » décision, mais d’habiter les tensions : aimer et haïr, vouloir retenir et vouloir fuir, protéger et se protéger, porter une mémoire tout en cherchant comment continuer à vivre.
Dans Le Royaume des mères, La Riposte fait surgir une maternité sans évidence : non comme destin, mais comme question, choix, vertige et possibilité de transformation.
Un atelier pour chercher comment, lorsque tout semble avoir été arraché, un corps peut encore inventer sa propre riposte.

Aurélie Imbert est autrice, comédienne et metteuse en scène. Nourrie par la danse contemporaine, le cirque et les arts martiaux, elle développe un théâtre physique et poétique. Depuis plusieurs années, elle parcourt des territoires marqués par les conflits pour recueillir des témoignages qui nourrissent ses créations Les vies bouleversées et La Riposte, présentée dans le cadre du Festival d’Avignon.

18h à 20h. Chaises musicales – Musique improvisée, jam
Un laboratoire sonore ouvert à tous.tes, où l’improvisation devient un terrain de rencontre, de circulation et de joie partagée.

Mercredi 4 Novembre

14h à 18h. Atelier Balade et Performance “Croiser les Antigones” par Ornic’art
Et si prendre soin signifiait parfois devoir dire non ?
Après une première étape autour des objets, des voix et des mémoires, Croiser les Antigones poursuit sa recherche en novembre du côté de l’engagement.
À partir de gestes simples; protéger, nourrir, tenir, accompagner, défendre, refuser, transmettre: l’atelier invite chacun·e à faire émerger un récit : celui d’un moment où il a fallu défendre quelque chose d’important, malgré un obstacle, une règle, une peur ou une injustice.
Peu à peu, ces histoires personnelles deviennent des prises de position. Une phrase, un geste, une chaise qui représente ce qui faisait obstacle, puis un lieu du quartier où cette histoire pourrait être racontée. C’est là que les expériences singulières commencent à rejoindre une mémoire plus large de la Belle de Mai : travail, éducation, logement, solidarités, luttes de femmes, droit à la ville, mémoire ouvrière.
Il ne s’agit pas seulement de parler de celles qui prennent soin, mais de regarder ce qui arrive quand prendre soin ne suffit plus et qu’il faut agir, résister, défendre ou transmettre.
L’atelier poursuit ainsi la fabrication des Nouvelles Antigones : des portraits de femmes reliés à des combats, des lieux et des mémoires, appelés à devenir peu à peu les stations d’un parcours sensible et politique du matrimoine de la Belle de Mai.
Un atelier pour faire apparaître ce que nous protégeons, ce que nous refusons de céder, et les histoires que nous voulons transmettre.

18h à 20h. Chaises musicales – Musique improvisée, jam
Un laboratoire sonore ouvert à tous.tes, où l’improvisation devient un terrain de rencontre, de circulation et de joie partagée.

Jeudi 5 Novembre

9h à 10h & 12h30 à 13h30 Training danse “Munz Floor“ par Barbara Sarreau
« La Travaill’heureuse » : un accompagnement d’une heure dans l’extrême lenteur avec la méthode MUNZ ®. Cette méthode est faite pour nous. Pour tout le monde. Nous qui avons un corps, enfin je l’espère encore ! Comment tous les jours, nous le respectons ? Techniciens, secrétaires, directeurs, acteurs, musiciens, circassiens, danseurs et autres …. Comment mobilisons-nous les chaînes musculaires croisées ?  Libérer le corps des tensions musculaires, articulaires et nerveuses, permettant un ”reboot“ de la colonne. Après une heure, vous observerez les bienfaits sur la colonne vertébrale, les muscles et le système facial. Et sentirez les transformations de ce processus organique …

10h15 à 12h15. Atelier Danse ”Ce qui nous porte“ par Barbara Sarreau
Et si ralentir permettait de sentir ce qui nous soutient vraiment ?
À travers le Munz Floor, cet atelier propose de revenir au sol, au souffle et aux mouvements profonds du corps. Une pratique lente, attentive, où l’on ne cherche pas à produire davantage, mais à écouter ce qui agit déjà : les appuis, les spirales, les relâchements, les micro-déplacements.
Allongé·es au sol, nous laisserons le poids se déposer, les tensions se déplacer et le mouvement apparaître autrement. Peu à peu, le corps retrouve de l’espace, de la mobilité et une autre qualité de présence.
Dans Le Royaume des mères, Ce qui nous porte invite aussi à élargir la question de l’appui. Qu’est-ce qui nous soutient, parfois sans que nous le voyions ? Un sol, un souffle, une mémoire corporelle, un geste reçu, une présence, une manière de prendre soin.
Ralentir devient alors une façon de revenir vers ces soutiens discrets, de sentir ce qui demeure sous nos gestes et nous permet, encore, de nous remettre en mouvement.
Un temps pour se déposer, respirer, écouter, et retrouver dans le corps ce qui nous porte.

19h à 22h. Chaises musicales «Ma parole» Jam ouverte à La Camaraderie
Et si la parole devenait une musique à partager ?
Les Chaises musicales quittent la Salle des mouvements pour s’installer à La Camaraderie, bar mobile et solidaire, lieu complice du quartier de la Belle de Mai.
Chaque jeudi, le Labo des Désirs y ouvre un espace où les voix, les rythmes, les mots et les instruments circulent librement. Une scène ouverte où l’on vient jouer, improviser, écouter, chanter ou simplement être là.
Ici, ni programme ni hiérarchie : les morceaux se construisent au fil des rencontres, textes et silences deviennent musique et les improvisations fabriquent du commun.
Viens avec ton instrument, ta voix, un texte, un poème, une chanson… ou simplement l’envie de partager un moment.

Vendredi 6 Novembre

10h à 13h. Atelier Théâtre Dansé «Pour le meilleur et pour le rire» par Aurélie Imbert
Et si un cœur brisé pouvait devenir une formidable machine à jouer ?
Le jour de son mariage, une femme se réveille seule. L’être aimé a disparu, mais tout est encore là : les chaises, les objets, la musique, les souvenirs et cette immense histoire d’amour qu’elle pensait vivre.
Alors elle fait avec ce qui reste.
Entre théâtre dansé, mime, clown, mouvement et poésie, l’atelier invite à explorer les métamorphoses d’une femme amoureuse, abandonnée, bouleversée, qui finit peu à peu par déplacer son désir vers le monde qui l’entoure. Les objets deviennent partenaires, refuges, adversaires ou compagnons de jeu. Une chaise peut prendre la place d’un fantôme. Une chute devenir une pirouette. Une blessure, le début d’un autre récit.
On traversera les excès du sentiment amoureux, le ridicule magnifique du chagrin, les larmes qui débordent et cette faculté très clownesque de continuer à vivre précisément là où tout semblait fini.
Pour le meilleur et pour le rire fait apparaître une femme en devenir : enfant, amante, blessée, fantasque, fragile ou flamboyante, qui apprend peu à peu à ne plus attendre seulement de l’autre qu’il lui dise qui elle est.
Un atelier pour faire du mal d’amour une matière de jeu et découvrir que rire de ses blessures peut parfois être une façon de reprendre vie.

14h à 18h. Atelier Danse immersive “Dans la matrice“ par Astrid Giorgetta et Aude Parichot
Corps, matière et mouvements
Et si nous entrions dans un espace où les corps, les matières et le lieu pouvaient se transformer ensemble ?
La matrice et la mère partagent une même origine, mater. La matrice est à la fois un lieu d’origine, un espace où quelque chose se forme, grandit, se transforme et se prépare à apparaître au monde.
Pendant quatre heures, la salle des mouvements deviendra une matrice vivante, un terrain de jeu et d’expérimentation à habiter et à modifier ensemble. Par le mouvement, l’improvisation, le jeu et la manipulation des matières, nous traverserons différents états : naître, découvrir, jouer, tester, s’affirmer, construire, évoluer, transmettre.
Les corps agiront sur l’espace, les matières transformeront les gestes, les présences se répondront. Peu à peu, une forme collective émergera, faite de constructions, de déplacements, d’accidents, de traces et de métamorphoses.
Dans la matrice ouvre un espace pour interroger ce qui nous porte et nous façonne, mais aussi ce que nous transformons à notre tour et choisissons de transmettre. La matrice n’est alors pas seulement une origine : elle devient un processus vivant, traversé par ce qui apparaît, se modifie, laisse une empreinte puis disparaît pour permettre autre chose.
L’atelier se terminera par un temps de partage et une projection des images réalisées au cours de l’après-midi. Les traces et constructions demeureront un moment dans l’espace, comme la mémoire visible de ce qui s’y sera fabriqué.

18h–19h15. Atelier  Ouverture au public
À 18h, le public sera invité à pénétrer dans le plateau laissé à l’étape de la transmission. Quelques images permettront de découvrir le processus traversé pendant l’atelier. Les participant·es qui le souhaitent pourront rejoindre une dernière fois l’espace pour une ultime activation : déconstruire, transformer, effacer progressivement ce qui a été créé et remettre la matrice à zéro.Une manière de partager non seulement le résultat d’une expérience, mais son cycle entier : faire naître, habiter, transmettre, déconstruire, puis laisser de nouveau la place au possible.

Astrid Giorgetta — chorégraphe
Avec la Cie Pica Pica, créée en 2010, Astrid Giorgetta développe un théâtre tout terrain mêlant danse, théâtre physique, performance, marionnette et création dans l’espace public. Nourrie par différentes pratiques somatiques — notamment le Body-Mind Centering® et la Neurodanse® — elle place l’improvisation au cœur de sa recherche et de sa transmission. À Marseille, elle anime également un laboratoire régulier consacré à l’improvisation.
Aude Parichot — artiste plasticienne
Après vingt années passées en Australie, Aude Parichot vit et travaille aujourd’hui à Marseille. Sa pratique, à la croisée du dessin, de l’installation et de l’art participatif, explore les relations entre corps, espace et matières. Le jeu, l’expérimentation et la transformation occupent une place centrale dans son travail. Formée à la National Art School de Sydney, où elle a également enseigné, elle a exposé en Australie, au Portugal et en France.
Un atelier pour entrer dans la matrice, y laisser une empreinte, et peut-être en ressortir autrement.

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Vue d’ensemble sur les horaires :

Pour toute proposition concernant les chaises musicales (improvisations libres) merci de contacter Marine Quiniou à l’adresse mail suivante : marine@silex.email.

Crédit photo : Jean-Luc Woodman

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