
Photo Jean-Claude Sanchis
En juillet, le Labo des Désirs ralentit sans s’arrêter.
Après quarante laboratoires traversés par des corps, des récits, des fêtes, des cris, des fragilités et des débordements, ce 41éme rendez-vous ouvre un temps particulier : celui où l’on prend soin de ce qui nous permet de continuer.
Dans un monde qui fracture, accélère et épuise, le Labo choisit de faire refuge. Non pas un lieu pour se retirer, mais un espace où reprendre souffle, retrouver les autres et fabriquer du commun.
Pendant cinq jours, les propositions se répondent et composent un même paysage. On y danse le souffle du vivant et l’on apprend à respirer autrement. On se réunit en famille chez les clowns pour déjouer les rapports de pouvoir, tandis que Le Grand Buffet transforme le repas en terrain de résistance joyeuse et de débordement collectif. On y ralentit jusqu’à faire de la présence une pratique, on y cherche une danse qui affirme simplement le droit d’être là, on y partage un arpentage où la lecture devient refuge commun. Les récits de vies bouleversées par les conflits y rencontrent enfin ceux de la riposte, pour interroger ce que le monde dépose dans nos corps et comment l’art peut encore fabriquer des espaces où continuer à vivre ensemble.
Ici, la citoyenneté se fabrique autant dans une parole partagée que dans un souffle commun, une écoute, un repas, un rire ou une danse. Faire refuge devient déjà une manière d’agir sur le monde.
À l’approche de l’été, le Labo devient un territoire de lenteur. Un lieu où l’on résiste en respirant, où l’on fait de la fragilité une force collective, où l’on choisit de rester poreux au monde plutôt que de s’en protéger.
Faire refuge n’est pas s’éloigner du monde. C’est lui offrir, encore une fois, un endroit où le vivant peut résister.
Lundi 6 Juillet
10h à 13h. Atelier Théâtre & Danse « Les vies bouleversées » par Aurélie Imbert
Que fait le fracas du monde à nos paysages intérieurs ?
À travers Les vies bouleversées, Aurélie Imbert ouvre un espace où les récits de guerre deviennent une matière sensible pour penser nos propres désirs de paix, de justice et de solidarité.
Sans chercher à raconter les conflits, l’atelier invite à écouter ce qu’ils déplacent en nous : une peur, une colère, une impuissance, mais aussi une capacité à résister, à prendre soin et à rester vivant·es.
Par le mouvement, l’improvisation, la parole et l’écriture, les participant·es explorent ces résonances intimes et construisent un espace collectif où chacun·e peut déposer son expérience et accueillir celle des autres.
Dans l’esprit du Labo des Désirs, il ne s’agit pas de commenter le monde, mais de fabriquer un refuge où les histoires circulent, se transforment et deviennent des gestes de présence.
Aurélie Imbert est autrice, comédienne et metteuse en scène. Nourrie par la danse contemporaine, le cirque et les arts martiaux, elle développe un théâtre physique et poétique. Depuis plusieurs années, elle parcourt des territoires marqués par les conflits pour recueillir des témoignages qui nourrissent ses créations Les vies bouleversées et La Riposte, présentée dans le cadre du Festival d’Avignon.


14h à 18h. Atelier Théâtre & Danse « La Riposte » par Aurélie Imbert
Et si la plus belle des ripostes était de continuer à créer ?
Ce second temps prolonge l’exploration du matin en faisant passer les émotions du récit au corps en mouvement. À partir des matières recueillies ensemble, paroles, images, silences, souvenirs ou intuitions, les participant·es expérimentent une écriture collective où théâtre, danse et présence dialoguent.
Comment transformer une peur en geste ? Une absence en espace ? Une colère en énergie commune ?
Peu à peu, les corps composent une partition où résistance ne signifie plus affrontement mais capacité à rester relié·es, à imaginer et à inventer malgré tout.
En écho à La Riposte, création présentée dans le cadre du focus franco-ukrainien du Festival d’Avignon, cet atelier fait du plateau un lieu d’hospitalité où les récits bouleversés retrouvent une respiration, une écoute et une puissance de transformation.
Dans le prolongement du Labo de juillet, il nous rappelle qu’au cœur même des crises, l’art peut devenir un refuge, une prise de parole et une manière de continuer à faire monde ensemble.
Mardi 7 Juillet

10h à 13h. Training Danse, “Le droit d’être là” par Corinne Pontana
Et si danser commençait simplement par le fait d’être présent·e ?
Ce training propose une recherche autour de la présence comme geste premier. Avant la virtuosité, avant la représentation, il s’agit d’habiter pleinement son corps, l’espace et la relation aux autres.
À travers des mises en mouvement, des jeux de composition et des explorations collectives, les participant·es développent une qualité d’écoute où chaque geste trouve sa nécessité, chaque déplacement son élan, chaque immobilité sa force.
Le groupe devient un paysage en transformation permanente. Les corps se rencontrent, s’éloignent, composent des trajectoires sensibles et inventent une danse qui ne cherche pas à démontrer mais à rendre visible une présence singulière.
Nourri par une longue expérience de la création en espace public et du travail de composition collective, ce training invite chacun·e à faire confiance à son propre mouvement, à ses élans, à ses mutations et à la conscience de ce qui se joue dans l’instant.
Dans l’esprit du Labo de juillet, Le droit d’être là fait de la présence une forme de refuge et une affirmation discrète mais essentielle : habiter son corps, prendre sa place, entrer en relation et laisser le vivant circuler.
Une danse simple, attentive et profondément partagée, où être là devient déjà un geste de création.
14h à 18h. Atelier Théâtre burlesque et corporel « Le Grand buffet » par Alice Nédélec et Noé Das Neves / Collectif Brique sur Table
Et si l’excès était une manière de retrouver sa liberté ?
Dans l’univers décalé du Grand Buffet, le mauvais goût devient un art, les règles se dérèglent et les personnages débordent de toutes parts. Ici, le rire naît du décalage, de l’absurde et de tout ce qui refuse de rentrer dans les cases.
À travers un travail sur le corps, la voix, le mouvement et l’imaginaire, les participant·es exploreront la création d’un personnage burlesque : une figure excessive, fragile, grotesque ou inattendue, qui révèle autant qu’elle transforme.
L’atelier débute par un échauffement où chaque partie du corps retrouve son autonomie. Peu à peu, les gestes se décomposent, les voix se déplacent, les corps découvrent leur pluralité et l’écoute du groupe devient un terrain de jeu.
À partir d’improvisations et de courtes écritures, chacun·e invente un personnage avant de le confronter aux autres dans des rencontres improbables où les scènes surgissent de l’accident, du déséquilibre et du plaisir de jouer.
Dans l’esprit du Labo de juillet, Le Grand Buffet fait du grotesque un espace d’hospitalité. Un lieu où l’on peut exagérer, rater, déborder et rire ensemble, pour mieux suspendre les normes et retrouver une présence plus libre, plus vivante et profondément collective.
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes

Mercredi 8 Juillet

10h à 13h. Atelier Clown “Vivre en famille chez les clowns” par Jerôme Vallot / Cie Le moment présent
Et si le clown devenait une manière de faire famille autrement ?
À partir de la création Quatrième B, duo clownesque autour de retrouvailles entre deux anciens camarades de collège, cet atelier explore des formes de relations fondées non sur le pouvoir ou la domination, mais sur l’écoute, l’empathie et le jeu partagé. Ici, pas de clown blanc qui commande ni d’auguste qui obéit. Les clowns avancent côte à côte. Ils traversent ensemble des élans contradictoires, des maladresses, des joies absurdes, des peurs et des débordements. Ils se soutiennent, se contaminent, se désaccordent parfois, mais continuent à faire lien.
Car si le citoyen est une personne qui a des droits et des devoirs, alors le clown est peut-être un très mauvais citoyen : il a tous les droits et aucun devoir. Il déborde les cadres, refuse les bonnes manières, détourne les règles du jeu et transforme l’échec en puissance de liberté.
À travers des improvisations et des exercices collectifs, les participant·es seront invité·es à :
– réveiller l’énergie joyeusement excessive propre au clown
– explorer différents états émotionnels et leur circulation dans le groupe
– expérimenter des relations de jeu sans hiérarchie ni domination
– construire des rencontres clownesques fondées sur l’écoute, le plaisir et la présence
L’atelier devient un espace pour chercher d’autres manières d’être ensemble. Une fabrique fragile et joyeuse du commun, où le rire, le raté et l’absurde ouvrent des espaces de respiration dans un monde qui pousse trop souvent à la compétition et à l’isolement. Un temps pour déborder ensemble, et laisser le vivant reprendre sa place dans le jeu.
14h à 18h. Atelier Théâtre & Danse en apnée “Danser le souffle du vivant” par Cécile Peyrot et Sofiane Benyahia
Et si le souffle devenait un refuge partagé ?
Et si respirer autrement permettait de créer autrement ?
À la croisée du théâtre, du mouvement et de l’apnée, cet atelier explore le souffle comme un véritable outil de recherche artistique. Non pas une technique, mais une manière de transformer notre rapport au temps, à l’écoute, au silence, au mouvement et à la présence.
Issu de la rencontre entre deux pratiques venues de mondes différents, l’une théâtrale, l’autre liée à l’apnée, cet espace propose d’expérimenter une autre écologie de la création : moins fondée sur l’accélération et la performance que sur l’attention, l’intéroception et la qualité de présence.
À partir d’exercices respiratoires, d’improvisations théâtrales et corporelles, de mouvements inspirés des mondes terrestre et marin et de traversées sensibles du souffle, les participant·es seront invité·es à ralentir, écouter et laisser émerger une autre manière d’habiter le vivant.
Que perçoit-on lorsque le corps cesse de lutter ? Que devient la création lorsque le souffle retrouve son propre rythme ?
Dans l’esprit du Labo de juillet, Danser le souffle du vivant fait du souffle un refuge partagé : un espace où le vivant insiste, où les corps se relient et où l’attention devient déjà une manière de prendre soin du monde.


18h à 20h. Chaises musicales – Musique improvisée, jam
Un laboratoire sonore ouvert à tous.tes, où l’improvisation devient un terrain de rencontre, de circulation et de joie partagée.
Jeudi 9 Juillet

10h à 13h. Atelier Écriture & Performance . Arpentage du livre « Pastorales » de Violaine Bérot, Florence Debove, Jean-Christophe Cavallin par Jean-Marc Jugant
Cet atelier propose un arpentage performatif de Pastorales, dans la lignée des pratiques d’éducation populaire issues des cercles ouvriers du XIXe siècle. Le livre est ouvert, partagé, fragmenté : chacun·e s’empare de passages pour les lire, les traverser, les faire résonner autrement. La lecture devient une expérience collective, sensible et incarnée.
À travers les voix multiples qui composent Pastorales, deux bergères et un visiteur , le livre interroge notre manière d’habiter le vivant : comment coexister avec les paysages, les animaux, les rythmes du monde et ce qui disparaît peu à peu sous l’accélération contemporaine.
Nous invoquerons nos chimères personnelles : un être hybride, mêlant animaux, humains, géographies, machines, matières, histoires, ancêtres… Ces chimères s’inspirent des fragments lus, de la nature, de nos propre natures intérieures. Elles deviennent des présences fragiles, impossibles, nécessaires.
Puis vient la performance : il reste cinq minutes avant que l’Arche de Noé ne se referme. Les chimères plaident pour entrer. Elles convainquent, supplient, argumentent, séduisent, murmurent ou crient leur droit d’exister, leur manière d’habiter le monde. Noé écoute. Noé finira par dire oui. Plus que tout, c’est l’acte de plaider qui compte : se tenir debout, nommer ce qu’on est, réclamer sa place dans le vivant qui déborde.
Un temps pour ralentir, lire autrement, puis accélérer dans l’urgence du refuge. Une manière de faire circuler la parole, les corps, les identités hybrides et fragiles. Comme une manière de tenir encore debout dans la gueule du monde.

19h à 22h. Chaises musicales « Ma parole »
Jam ouverte à La Camaraderie
Et si la parole devenait une musique à partager ?
Le 9 juillet, les Chaises musicales quittent la Salle des mouvements pour s’installer à La Camaraderie, bar mobile et solidaire, lieu complice du quartier de la Belle de Mai.
Chaque jeudi, le Labo des Désirs y ouvre un espace où les voix, les rythmes, les mots et les instruments circulent librement. Une scène ouverte où l’on vient jouer, improviser, écouter, chanter ou simplement être là.
Ici, il n’y a ni programme ni hiérarchie : les morceaux se construisent au fil des rencontres, textes et silences deviennent musique et les improvisations fabriquent du commun.
Viens avec ton instrument, ta voix, un texte, un poème, une chanson… ou simplement l’envie de partager un moment.
Vendredi 10 Juillet
9h à 10h & 12h30 à 13h30 Training danse “Munz Floor“ par Barbara Sarreau
« La Travaill’heureuse » : un accompagnement d’une heure dans l’extrême lenteur avec la méthode MUNZ FLOOR®. Cette méthode est faite pour nous. Pour tout le monde. Nous qui avons un corps, enfin je l’espère encore ! Comment tous les jours, nous le respectons ? Techniciens, secrétaires, directeurs, acteurs, musiciens, circassiens, danseurs et autres …. Comment mobilisons-nous les chaînes musculaires croisées ? Libérer le corps des tensions musculaires, articulaires et nerveuses, permettant un ”reboot“ de la colonne. Après une heure, vous observerez les bienfaits sur la colonne vertébrale, les muscles et les fascias. Et sentirez les transformations de ce processus organique …

10h15 à 12h15. Atelier Danse ”Corps en présence“ par Barbara Sarreau
Et si ralentir devenait une manière de résister ?
Dans la continuité de sa pratique autour du Munz Floor et du mouvement lent, Barbara Sarreau propose un espace d’exploration où le corps retrouve une autre qualité de présence. Un temps pour écouter ce qui circule sous les automatismes, laisser émerger un mouvement plus organique, plus disponible, plus vivant.
À travers des traversées sensibles mêlant respiration, attention au poids, lenteur et mouvement dansé, les participant·es sont invité·es à habiter pleinement leur corps et à entrer en relation autrement avec l’espace, les autres et les rythmes qui les entourent.
Ici, il ne s’agit pas de performer mais d’apparaître. Faire exister des corps souvent sommés d’aller vite, de produire, de se conformer. Explorer une présence simple, fragile et puissante à la fois.
Peu à peu, les gestes deviennent des traces discrètes dans l’espace. Une manière de redessiner le paysage par l’écoute, la lenteur et l’attention collective.
Dans l’esprit du Labo de juin, Corps en présence ouvre une réflexion sensible sur notre façon d’habiter le monde : comment ralentir ensemble ? Comment faire place à des présences plus poreuses, plus attentives, plus vivantes ?

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Une vue d’ensemble sur les horaires :

Pour toute proposition concernant les chaises musicales (improvisations libres) merci de contacter Marine Quiniou à l’adresse mail suivante : marine@silex.email.

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