
En février, le Labo des Désirs entre dans une zone de turbulences sensibles.
Un temps où les corps mutent, les identités se déplacent, les origines cessent d’être des certitudes pour devenir des territoires à explorer.
Ici, on fabrique des ombres, des monstres lumineux, des figures doubles. On danse sur les nuages.
Antigone traverse le théâtre d’ombres.
Une grande marionnette surgit au cœur du centre commercial.
Des corps drag se réinventent hors norme.
Des nuages d’origine traversent le plateau : afrodéscendance et pouvoir, masculinités en quête, héritages contradictoires.
Février est un mois de renversement. Un temps carnavalesque où l’on peut devenir autre, brouiller les frontières, jouer avec les normes. Le Labo des Désirs s’en empare comme d’un outil politique et poétique : transformer la monstruosité en puissance, l’ombre en lumière, le nuage en espace de projection.
Dans les zones commerciales, des perturbations poétiques sont à prévoir. Des courts-circuits symboliques possibles.
Attention : le réel pourrait se fissurer.
À travers l’objet, la marionnette, le théâtre d’ombres, la danse et la performance, nous interrogeons ce qui nous fonde : d’où l’on vient, ce que l’on porte, ce que l’on choisit de devenir.
Des éclairs d’identité et des rafales de désir traverseront les corps — en danse, en transe, en résistance douce.
Une manière de briller. Même à l’ombre.
Lundi 2 Février

10h à 13h. Training Danse et théâtre physique « L’Impératrice » par Marie-Khane Tomei
Origines, vulnérabilités, métamorphoses
L’Impératrice est une recherche chorégraphique et performative autour des origines, du métissage et du pouvoir du corps féminin.
Née à San Pedro en Côte d’Ivoire et ayant grandi en Europe, Marie-Khane Tomei explore les fractures intimes de l’identité : le sentiment d’être toujours entre deux terres, la violence des regards, l’appel viscéral de la terre natale, le corps traversé par des normes contradictoires.
Pourquoi se sentir étrangère partout ?
Pourquoi le corps appelle à crier, à danser, à surgir — et pourquoi s’en empêche-t-on ?
Comment transformer ce trouble en puissance ?
Cet atelier invite les participant·es à traverser ces questions par le corps, la danse et la parole, dans un espace de recherche à la fois physique, politique et poétique.
La matinée ouvre un temps d’exploration sensible et intérieure.
Après un échauffement et une mise en corps mêlant danse et arts martiaux, le travail s’oriente vers la figure du « parent-vigile » : celle ou celui qui protège, surveille, anticipe le danger — et projette parfois ses peurs sur le corps de l’autre. À partir de là, une recherche d’états de corps s’engage autour de la dysmorphie et du regard porté sur soi :
que se joue-t-il lorsque l’on se regarde dans le miroir ?
quelles injonctions traversent nos corps ?
où naissent la honte, la colère, la puissance ?
La matinée se conclut par une première approche de la transformation comme rituel : comment faire de nos métamorphoses intimes un geste artistique, un acte conscient, un passage. Les temps de pratique sont ponctués d’échanges, afin de faire circuler les récits et nourrir la recherche collective.
14h à 18h. Training Danse et théâtre physique « L’Impératrice » par Marie-Khane Tomei
Puissances, territoires, Impératrices
IMPÉRATRICE c’est mon nom ; Khan, chef, roi. Ou plutôt cheffe, reine.
En explorant les dimensions de ce nom, l’artiste cherche à se rapprocher encore de son soi authentique, à s’incarner. L’Impératrice est une figure de puissance et de pouvoir qui s’affirme parfois dans la provocation, qui n’a pas peur de crier au-delà du politiquement correct. Marie-Khane vous invite à trouver le Khan qui sommeille en vous grâce à la transe de la danse, la vulnérabilité des états du corps et l’intensité de la voix.
L’après-midi ouvre un espace plus dynamique, orienté vers la prise de pouvoir du corps.
Après un échauffement physique plus intense, les participant·es sont confronté·es à des bruits du monde : sons, perturbations, intrusions.
Comment le corps réagit-il ? Résiste-t-il, s’adapte-t-il, s’affirme-t-il ?
Le cœur de l’atelier est consacré à la recherche des Impératrices.
Chaque participant·e travaille à faire émerger sa figure : une présence singulière, une manière d’occuper l’espace, une intensité propre.
À travers des jeux d’attraction et de répulsion, les corps se rencontrent, s’affrontent, se soutiennent.
En gardant en tête l’image de l’araignée, l’atelier explore la conquête du territoire : comment tisser ensemble, comment occuper l’espace collectif sans s’effacer, comment faire groupe sans perdre sa puissance.
Cette traversée nourrit la création d’une forme chorégraphique collective, pensée comme un rituel de transformation et d’affirmation.
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes

Mardi 3 Février
10h à 13h. Atelier Danse Performance « Corps à défaire » par Ema September et Charlotte Gergaud
Cet atelier propose une traversée chorégraphique autour de la mue, de la contrainte et de la transformation des corps. Un espace pour défaire les enveloppes normatives, glisser vers l’ombre, le grotesque, le monstrueux — et en faire une puissance.
La séance s’ouvre par un temps d’accueil et d’échauffement collectif, pour mettre les corps en écoute et préparer le terrain sensible de la recherche.
1 — Défaire l’enveloppe
Un premier exercice invite à se déshabiller sans les mains. Le corps, privé de ses gestes habituels, doit inventer d’autres stratégies : se contorsionner, glisser, lutter, ruser.
L’expérience se rejoue à plusieurs, en s’entraidant, avant une dernière traversée sans le vêtement — en dansant avec la mémoire de la contrainte. Guidé·es par des images de peau, de mue et de métamorphose, les corps entrent dans un état de transformation lente et sensible.
2 — Ce que l’on cache
Après une courte pause, un temps d’introspection ouvre la réflexion :
Qu’est-ce qui nous distingue ? Qu’est-ce que l’on dissimule ? Qu’est-ce qui nous fait honte ?
Ces questions deviennent des points d’appui, comme des fissures par lesquelles le corps peut changer d’état.
3 — Fabrique du monstre collectif
Des accessoires réalisés à partir de bâches publicitaires de mannequins sont disposés au sol : faux muscles, poitrines hypertrophiées, ventres, fesses, excroissances absurdes.
Règle simple : ne pas chercher à se valoriser, mais laisser l’objet déformer, alourdir, troubler le corps.
Peu à peu, le corps publicitaire normé bascule vers le grotesque, le mutant, le politique.
À partir de ces figures, chacun·e développe une démarche, un geste signature. Improvisations en groupes, sous forme de happenings et lip sync, où la musique accompagne la transformation. Par jeux de miroirs, d’échos et de contaminations, les figures individuelles se fondent en un monstre collectif, joyeux et revendiqué. L’atelier se clôt dans un moment de partage festif où le ridicule devient force et la métamorphose, une célébration.
Ema September
Artiste textile et performeuse, Ema September développe une pratique mêlant création textile, performance et mouvement. À travers des figures fictionnelles et des corps en transformation, elle explore l’excès et le « trop » comme espaces de liberté et d’émancipation féministe.
Charlotte Gergaud
Artiste pluridisciplinaire et drag queer, Charlotte Gergaud explore la danse et la performance comme lieux de métamorphose. Son travail transforme vulnérabilité et émotions en forces sensibles, politiques et collectives.


14h à 18h. Atelier Écriture & Performance – Arpentage du livre « La femme au carnet rouge » d’Antoine Laurain par Jean-Marc Jugant
Cet atelier propose un arpentage du livre La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain : une lecture collective, joyeusement irrévérencieuse, où le livre est déconstruit — pages déchirées, partagées, redistribuées — pour devenir matière vivante de création.
Le roman est une enquête en territoire intime : le sac à main d’une femme, ses objets, ses traces, ses fragments de vie. À partir de cette quête de l’inconnue, l’atelier ouvre une exploration plus large : que racontent les objets que nous portons, héritons, gardons ou subissons ?
Objets du quotidien, archives familiales, souvenirs encombrants, fétiches ou reliques : chacun devient une porte d’entrée vers l’identité, la mémoire et les zones d’ombre de nos origines.
À travers la parole, le geste, le corps et la manipulation d’objets, les participant·es inventeront un théâtre d’objets incarnés, à la frontière de l’écriture de plateau et de la performance. Les objets deviennent personnages, les corps deviennent archives, les récits se déplacent.
Dans l’esprit du Labo de février, cet atelier est un espace de dévoilement poétique : faire surgir des ombres ce qui nous constitue, brouiller les frontières entre intime et collectif, et transformer la fouille en acte sensible, partagé et performatif.
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes

Mercredi 4 Février
10h à 13h. Atelier clown “Centre commercial » par Mathilde Ayçoberry / Cie Bobèche-Dégaine
Du duel au duo : le jeu clownesque
Et si la relation commençait par le frottement ?
Ce premier temps ouvre le labo par le jeu clownesque, là où tout peut déraper… et se réparer. À travers le corps, la voix, le rire et l’instant présent, les participant·es explorent les tensions, les malentendus, les conflits et les réconciliations qui traversent toute relation à deux.
Le duo devient terrain de jeu : parfois duel, parfois alliance fragile. On y expérimente la rupture, l’accord, la perte d’équilibre et la reconnexion. Un espace de lâcher-prise où la vulnérabilité devient moteur de jeu, et où l’on apprend à être ensemble sans mode d’emploi.
Compagnie Bobèche-Dégaine
La compagnie crée des spectacles à la frontière du théâtre, du clown, de la marionnette et du son, où l’ordinaire se fissure pour laisser apparaître l’étrangeté du quotidien. Elle s’intéresse aux zones de frottement : les relations humaines, les espaces contraints, les situations banales qui, poussées à l’extrême, révèlent des tensions sociales, politiques et intimes. Son travail explore le jeu à partir de l’instant présent, l’écriture collective de plateau et la circulation des langages — verbaux, corporels, sonores et visuels. La compagnie développe une recherche sensible sur le lien, le déséquilibre, la folie douce ou violente qui peut surgir dans les rapports humains, notamment lorsqu’ils sont traversés par des normes sociales et institutionnelles.


14h à 18h. Atelier Marionnette et Création sonore “Centre commercial » par Val Roche et Alice Moinet / Cie Bobèche-Dégaine
Parler autrement : marionnette et paysages sonores
Quand les mots ne suffisent plus, d’autres langages apparaissent.
Ce second temps invite à explorer la communication au sein du duo à travers la marionnette et le son. Que se passe-t-il lorsqu’un personnage ne parle qu’en nappes électroniques ? Lorsqu’un autre ne peut s’exprimer qu’à travers un corps de bois, de tissu ou de mousse ?
À partir de marionnettes Bunraku (à taille humaine) et d’outils de création sonore, les participant·es expérimentent des dialogues décalés, sensibles, parfois absurdes. Ici, la relation se joue dans l’écoute, le rythme, le déplacement de la voix et du regard. Le duo se transforme, se trouble, se réinvente.
Le Centre Commercial (création en cours)
Une création pluridisciplinaire mêlant théâtre, création sonore et marionnette. Le spectacle se déroule dans un petit espace situé à proximité d’un centre commercial — un lieu de passage, de consommation, de surveillance, qui devient le miroir grossissant de nos relations. À travers la relation entre deux personnages, le spectacle interroge ce qui fait duo : comment vivre ensemble malgré les différences, les désirs contradictoires, les rythmes dissonants ? Comment une relation se construit, se tend, s’affronte ou se délite ? Que devient-elle sous la pression d’un environnement social et économique violent, normatif, parfois absurde ?
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes
Jeudi 5 Février

10h à 13h. Training Théâtre ludique “Centre commercial » par Yohan Hermant / Cie Bobèche-Dégaine
Du duo au collectif : écriture collective et faire chœur
Dernier mouvement : élargir le cadre.
Ce troisième temps fait éclater le duo pour entrer dans le collectif. À partir d’interviews croisées entre participant·es, de récits recueillis et transformés, chacun·e devient à la fois auteur·rice et interprète. Les paroles individuelles se rencontrent, s’entrelacent et composent une écriture de plateau partagée.
Le groupe devient chœur, la scène un espace de résonance où les voix multiples racontent quelque chose de notre manière d’être ensemble. Une façon ludique et sensible de passer de l’intime au commun, du face-à-face à la collectivité.
Le Centre Commercial questionne aussi le regard des autres, la place du couple face au collectif, et la manière dont la société capitaliste infiltre l’intime jusqu’à troubler les corps, les pensées et les liens. La folie y apparaît comme une réponse possible — poétique, tragique ou burlesque — à l’injonction permanente de fonctionner.
Ces interrogations nourrissent autant la création du spectacle que les ateliers menés par la compagnie, où sont partagés ses outils de recherche : jeu clownesque, théâtre d’objet et de marionnette, exploration sonore et écriture collective de plateau. Autant de portes d’entrée pour faire émerger du jeu, du sens et du commun à partir de l’instant présent.
14h à 18h. Atelier de Théâtre d’ombres « Les Antigones » par Yiorgos Karakantas / Samaneh Latifi / Anima Théâtre
À la lumière des événements actuels qui traversent nos sociétés et, particulièrement, la Méditerranée, il nous a semblé particulièrement pertinent de recentrer notre création sur la notion des « Antigones contemporaines ». Ce choix s’inscrit dans un désir d’explorer et de mettre en lumière des figures féminines actuelles qui, à l’instar du personnage emblématique d’Antigone dans l’Antiquité, incarnent la lutte pour la vérité et la justice face à l’oppression.
Ces figures, souvent oubliées ou méconnues, témoignent d’une résistance inébranlable et d’un courage exemplaire, rappelant ainsi que les combats d’hier résonnent encore aujourd’hui.
Ces ateliers visent à favoriser une dynamique d’échange et de partage, où chaque participant peut apporter sa voix et sa perspective tout en découvrant les échos de l’Antigone de Sophocle dans les luttes féministes et sociales contemporaines.
À travers des exercices pratiques, des discussions ouvertes et des créations artistiques, nous souhaitons encourager une réflexion collective sur la condition des femmes aujourd’hui, tout en redécouvrant des textes classiques qui continuent d’inspirer et de nourrir nos imaginaires.
En mélangeant pratique du mouvement et manipulations de figures d’ombre et de lumière, nous chercherons ensemble à réinventer des Antigones d’aujourd’hui.

Vendredi 6 Février

10h à 13h. Atelier Danse “Les nuages ne tombent jamais“ par Julien Rossin / Cie Les oiseaux perchés
Cet atelier s’inscrit dans la recherche chorégraphique du spectacle Les nuages ne tombent jamais (Cie Les Oiseaux Perchés), co-créé avec Nahuel Barrios.
Une exploration sensible des zones de vulnérabilité de la masculinité, là où les corps hésitent, respirent, se transforment — comme des nuages en mouvement.
Entre danse expérimentale, hip-hop et écriture contemporaine, l’atelier propose de traverser trois axes de recherche :
- Le mouvement relié à la respiration : laisser le geste naître du souffle, de l’écoute intérieure.
- La main comme masque et langage : explorer des gestuelles fines, protectrices ou révélatrices, à la frontière de l’ombre.
- Le dialogue corps à corps : rencontres, appuis, résistances, jeux de présence et de disparition.
Un temps pour danser les identités en devenir, éprouver le trouble, la fragilité, et faire émerger des corps nuageux — ni figés, ni assignés.
Vidéo de la recherche
Atelier ouvert à toutes et tous, sans prérequis.
14h à 18h. Atelier de Théâtre d’ombres « Les Antigones » par Yiorgos Karakantas / Samaneh Latifi / Anima Théâtre
À la lumière des événements actuels qui traversent nos sociétés et, particulièrement, la Méditerranée, il nous a semblé particulièrement pertinent de recentrer notre création sur la notion des « Antigones contemporaines ». Ce choix s’inscrit dans un désir d’explorer et de mettre en lumière des figures féminines actuelles qui, à l’instar du personnage emblématique d’Antigone dans l’Antiquité, incarnent la lutte pour la vérité et la justice face à l’oppression.
Ces figures, souvent oubliées ou méconnues, témoignent d’une résistance inébranlable et d’un courage exemplaire, rappelant ainsi que les combats d’hier résonnent encore aujourd’hui.
Ces ateliers visent à favoriser une dynamique d’échange et de partage, où chaque participant peut apporter sa voix et sa perspective tout en découvrant les échos de l’Antigone de Sophocle dans les luttes féministes et sociales contemporaines.
À travers des exercices pratiques, des discussions ouvertes et des créations artistiques, nous souhaitons encourager une réflexion collective sur la condition des femmes aujourd’hui, tout en redécouvrant des textes classiques qui continuent d’inspirer et de nourrir nos imaginaires.
En mélangeant pratique du mouvement et manipulations de figures d’ombre et de lumière, nous chercherons ensemble à réinventer des Antigones d’aujourd’hui.

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Une vue d’ensemble sur les horaires :

Invitez vous ! Improvisez vous ! Pour toute proposition concernant les chaises musicales (improvisations libres) merci de contacter Marine Quiniou à l’adresse mail suivante : marine@silex.email.

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