
Photo JC Sanchis
Avril arrive comme une poussée de sève.
Après l’ouverture des Indociles de mars, le Labo des désirs poursuit sa traversée. Un temps pour laisser les corps déborder, pour faire éclore des formes inattendues, pour célébrer celles et ceux qui déplacent les lignes.
Du 7 au 10 avril, le Labo devient un espace de fabrication vivante. Les corps y débordent les cadres, les récits refusent de se laisser enfermer, les imaginaires déplacent les frontières. On y vient pour essayer, détourner, exagérer, affiner. Les ateliers deviennent des terrains d’expérimentation où se préparent des performances qui prendront corps en mai, lors du festival Les Plus Belles de Mai.
Au printemps, les corps se remettent en mouvement. Les voix se cherchent, les gestes s’inventent, les récits se déplacent. On rit trop fort, on exagère, on transforme le réel. Ici, le burlesque devient un langage, l’absurde une manière de résister, et la fête une façon de réécrire les places assignées.
Pendant quatre jours, le Labo ouvre des brèches où s’esquissent déjà les formes à venir. On y croise un restaurant grotesque et autoritaire avec Le Grand Buffet, une célébration joyeusement irrévérencieuse des mères avec Fête ta daronne, la poursuite d’Elles en fête autour d’un rituel de figures féminines indisciplinées de la Méditerranée, ainsi que des recherches corporelles qui continuent de creuser la matière du geste avec Corps à défaire, et l’affirmation de sa puissance dans la différence avec L’Impératrice.
Avril est une saison fragile et puissante à la fois. Une saison où quelque chose insiste sous la surface.
Les Indociles d’avril sont celles et ceux qui accompagnent cette poussée : celles et ceux qui transforment les maladresses en gestes, les excès en langage, les marges en lieux de fête.
Au Labo, on ne cherche pas à être sages. On vient pour désobéir avec joie. Et pour apparaître autrement.
Mardi 7 Avril
10h à 13h. Atelier Théâtre burlesque « Le Grand buffet » par Alice Nédélec et Katja Zlatevska / Collectif Brique sur Table
Le Collectif Brique sur Table investit le Labo des désirs pour une journée d’exploration autour de leur création Le Grand Buffet, une pièce de théâtre absurde qui plonge dans l’univers grotesque et autoritaire d’un restaurant gastronomique peuplé de personnages dysfonctionnels.
À travers deux ateliers complémentaires, les artistes partagent les processus qui nourrissent leur travail : exploration du corps burlesque, détournement du langage, improvisations vocales et créations sonores collectives. Une journée pour jouer avec l’excès, le décalage et la musicalité du langage.
Le Matin
Inspiré de la création Le Grand Buffet, cet atelier explore l’univers burlesque et absurde d’un restaurant gastronomique peuplé de personnages grotesques et dysfonctionnels. Le langage y déborde, se détourne et cultive volontairement l’excès, faisant surgir un rire né du décalage et du mauvais goût.
À travers un travail sur le corps, la voix et l’improvisation, les participant·es expérimenteront différentes qualités de mouvement et d’énergie. Inspiré notamment de la pédagogie de Jacques Lecoq, l’atelier traverse des états physiques liés aux éléments (feu, terre, air, vent) afin de faire émerger le burlesque et l’animalité du corps.
La séance se conclut par des improvisations collectives mêlant jeu, excès et détournement, dans un esprit de création libre et joyeusement indocile.


14h à 18h. Atelier Théâtre sonore et Poésie vocale « Le Grand buffet » par Matthias Borgeaud et Noé Das Neves / Collectif Brique sur Table
L’Après-midi
Dans le prolongement de l’univers duGrand Buffet, cet atelier propose d’explorer la voix comme matière sonore et poétique. Entre improvisations vocales, lectures expérimentales et compositions collectives, les participant·es sont invité·es à jouer avec la langue, à en détourner les usages et à en révéler la musicalité.
Après un échauffement vocal et corporel, le travail se développe à partir d’improvisations individuelles et chorales dans l’espace. Des supports textuels et sonores viennent nourrir la recherche, jusqu’à faire émerger des formes de poésie vocale et de création musicale improvisée, notamment à cappella.
L’atelier explore comment chaque voix peut exister pleinement tout en participant à une performance chorale collective.
Le Collectif Brique sur Table
Le Collectif est né à l’issue de la formation du Théâtre des Ateliers à Aix-en-Provence. Ses sept membres faisaient partie de la promotion 2024-2025 de la compagnie d’entraînement dirigée par Alain Simon, où ils et elles se sont formé·es à la création collective. Installé à Marseille, le collectif développe aujourd’hui son premier spectacle, Le Grand Buffet, une création burlesque et musicale dont la sortie est prévue en 2026.
18h à 20h. Chaises musicales – Musique improvisée, jam
Un laboratoire sonore ouvert à tous.tes, où l’improvisation devient un terrain de rencontre, de circulation et de joie partagée.

Mercredi 8 Avril

10h à 13h. Atelier Fête “Fête ta Daronne “ par Jeannette Boulanger & Roxane Jubert
La fête des mères est en crise.
À l’approche du grand jour, deux agentes du désordre sont envoyées en mission : Jeanne Dark & Gourmande.
Leur objectif ? Réveiller nos enfants intérieurs et questionner, avec humour et tendresse, cette étrange célébration devenue au fil du temps un véritable rituel émotionnel.
La matinée sera consacrée à la récolte de souvenirs et de gestes maternels. À partir de discussions, de jeux collectifs et d’improvisations, les participant·es exploreront les figures de mères qui ont traversé leurs vies — mères de sang, de cœur, rêvées ou imaginées.
À travers des exercices simples mêlant parole, mouvement et imaginaire, chacun·e sera invité·e à :
– partager anecdotes, habitudes et petites manies héritées de sa mère
– explorer ces souvenirs par le corps et la danse
– choisir une chanson qui évoque cette figure maternelle
– commencer à transformer ces souvenirs en gestes, scènes ou rituels collectifs.
Cette première partie pose les bases d’une matière sensible et joyeusement indisciplinée, entre humour, tendresse et mémoire intime.
14h à 18h. Atelier Fête “Fête ta Daronne “ par Jeannette Boulanger & Roxane Jubert
L’après-midi prolonge cette exploration en donnant forme à un cabaret participatif autour des figures maternelles.
À partir des chansons, souvenirs et gestes récoltés le matin, les participant·es expérimenteront différentes situations de jeu inspirées de l’univers de Jeanne Dark & Gourmande : lip sync, improvisations chorégraphiques, rituels absurdes et compositions collectives.
Chaque chanson devient une petite scène où la figure maternelle prend corps : un geste, une attitude, un souvenir ou une émotion peuvent se transformer en moment performatif partagé.
Ce travail nourrit la création du spectacle participatif Fête ta daronne, un cabaret décalé mêlant théâtre, danse et lip sync, présenté le 23 mai lors du festival Les Plus Belles de Mai* . Certain·es participant·es pourront, s’ils le souhaitent, devenir complices de cette aventure. Une journée entre fête, mémoire et irrévérence pour célébrer la daronnerie sous toutes ses formes.
* Performance le 23 mai au festival «Les Plus Belles de Mai» au Bar JO
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes. Salle des Mouvements.
Les mercredi, Les chaises musicales invitent LayA pour une jam Circle Songs. Chant pour tous·tes les musicien·nes. Chœur et instruments guidés par LayA en chant improvisé collectif

Jeudi 9 Avril

10h à 13h. Atelier Danse et célébration partagée « Elles en fête » par Mariane Duquennoy-Savio / la Fabrique du Bon’heur
Rituels festifs pour corps indisciplinés
Issu d’une création originale imaginée par Ama-Sofia et Mariane, Elles en fête prolonge l’expérience du Labo de décembre Mères Noël Méditerranéennes. Cet atelier pensé comme des Vagues de joie, est un espace de recherche sensible et festive, ouvert à tous et toutes, où la danse devient rituel, la mémoire matière vivante et la joie un acte partagé.
Entre rituels, danse et souvenirs, Mariane invite à explorer nos manières intimes et collectives de faire la fête. À partir des histoires personnelles des participant·es — gestes transmis, rythmes enfouis, élans festifs — nous récolterons des matières pour composer ensemble un rituel collectif, joyeux, solaire et incarné. Cette traversée s’ancre dans 4 figures féminines indociles de la Méditerranée — Didon / Elyssa, reine fondatrice de Carthage, Circé, sorcière et magicienne aux savoirs insaisissables, Sayyida Al-Hurra, reine et pirate défiant les empires, et Dalida, icône populaire égyptienne, voix traversée par l’exil, le désir et la lumière. Ces figures deviennent des appuis symboliques, des miroirs pour nos propres récits.
Un temps pour honorer le féminin festif, nourricier et créateur, et amorcer la préparation d’une performance collective présentée lors du Festival des Plus Belles de Mai.
Entre héritage méditerranéen, création contemporaine et joie partagée, Elles en fête célèbre le corps comme lieu de mémoire et de résistance joyeuse.
Mariane Duquennoy-Savio, danseuse et facilitatrice de danse libre, crée des espaces où l’on danse sans performance ni jugement, nourrie par l’art-thérapie et ses racines siciliennes. Elle y cultive le plaisir de se mouvoir, de jouer et de se relier.
Ama-Sofia, artiste amazigh, enseignante et thérapeute, explore les liens entre art, spiritualité et transmission.
14h à 18h. Atelier Danse et célébration partagée « Elles en fête » par Mariane Duquennoy-Savio / la Fabrique du Bon’heur
Rituels festifs pour corps indisciplinés
Issu d’une création originale imaginée par Ama-Sofia et Mariane, Elles en fête prolonge l’expérience du Labo de décembre Mères Noël Méditerranéennes. Cet atelier pensé comme des Vagues de joie, est un espace de recherche sensible et festive, ouvert à tous et toutes, où la danse devient rituel, la mémoire matière vivante et la joie un acte partagé.
Entre rituels, danse et souvenirs, Mariane invite à explorer nos manières intimes et collectives de faire la fête. À partir des histoires personnelles des participant·es — gestes transmis, rythmes enfouis, élans festifs — nous récolterons des matières pour composer ensemble un rituel collectif, joyeux, solaire et incarné. Cette traversée s’ancre dans 4 figures féminines indociles de la Méditerranée — Didon / Elyssa, reine fondatrice de Carthage, Circé, sorcière et magicienne aux savoirs insaisissables, Sayyida Al-Hurra, reine et pirate défiant les empires, et Dalida, icône populaire égyptienne, voix traversée par l’exil, le désir et la lumière. Ces figures deviennent des appuis symboliques, des miroirs pour nos propres récits.
Un temps pour honorer le féminin festif, nourricier et créateur, et amorcer la préparation d’une performance collective présentée lors du Festival des Plus Belles de Mai.
Entre héritage méditerranéen, création contemporaine et joie partagée, Elles en fête célèbre le corps comme lieu de mémoire et de résistance joyeuse.
Mariane Duquennoy-Savio, danseuse et facilitatrice de danse libre, crée des espaces où l’on danse sans performance ni jugement, nourrie par l’art-thérapie et ses racines siciliennes. Elle y cultive le plaisir de se mouvoir, de jouer et de se relier.
Ama-Sofia, artiste amazigh, enseignante et thérapeute, explore les liens entre art, spiritualité et transmission.
18h à 20h. Chaises musicales : Musique improvisée, jam ouverte à tous.tes

Vendredi 10 Avril

10h à 13h. Atelier Danse Performance « Corps à défaire » par Ema September et Charlotte Gergaud
Que se passe-t-il lorsque les gestes ne répondent plus aux normes habituelles du corps ? Lorsque le vêtement devient obstacle, partenaire ou complice ?
Corps à défaire est un atelier de danse et de performance qui propose d’explorer la manière dont nos gestes sont façonnés par des règles invisibles. À travers différentes expériences de mouvement et de dévêtement, les participant·e·s interrogent les automatismes appris et découvrent comment le corps invente d’autres stratégies lorsque certains gestes deviennent impossibles.
Le vêtement devient un véritable terrain de jeu chorégraphique. Il ne cache plus : il révèle. Il expose les tensions entre contrainte et liberté, entre autonomie et besoin d’aide. Dans cet espace d’expérimentation, les gestes se transforment peu à peu : ils deviennent inattendus, maladroits, parfois monstrueux, mais toujours sensibles et chargés d’attention.
L’atelier débute par un temps d’échauffement pour se mettre en mouvement ensemble, ancrer la respiration et ouvrir une écoute collective. Un moment est également consacré à explorer le consentement et le contact, afin de poser un cadre d’attention et de respect dans les interactions.
L’expérience principale consiste à se dévêtir en traversant certaines contraintes corporelles. Ces situations invitent à observer les limites du geste et les dynamiques qui émergent dans le groupe. L’entraide devient alors essentielle : aider ou être aidé·e transforme les mouvements et révèle d’autres façons d’habiter le corps.
L’atelier se conclut par un temps de composition collective, où les expériences individuelles se rejoignent pour créer des paysages chorégraphiques spontanés. Un moment pour laisser apparaître des corps qui se défont des habitudes et se recomposent autrement, dans le jeu, la vulnérabilité et la relation aux autres.
Ema September
Artiste textile et performeuse, Ema September développe une pratique mêlant création textile, performance et mouvement. À travers des figures fictionnelles et des corps en transformation, elle explore l’excès et le « trop » comme espaces de liberté et d’émancipation féministe.
Charlotte Gergaud
Artiste pluridisciplinaire et drag queer, Charlotte Gergaud explore la danse et la performance comme lieux de métamorphose. Son travail transforme vulnérabilité et émotions en forces sensibles, politiques et collectives.
14h à 18h. Training Danse et théâtre physique ”L’Impératrice » par Marie-Khane Tomei
Puissances, territoires, Impératrices
IMPÉRATRICE c’est mon nom ; Khan, chef, roi. Ou plutôt cheffe, reine. En explorant les dimensions de ce nom, l’artiste cherche à se rapprocher encore de son soi authentique, à s’incarner. L’Impératrice est une figure de puissance et de pouvoir qui s’affirme parfois dans la provocation, qui n’a pas peur de crier au-delà du politiquement correct. Marie-Khane vous invite à trouver le Khan qui sommeille en vous grâce à la transe de la danse, la vulnérabilité des états du corps et l’intensité de la voix.
Préparer les Impératrices pour la scène
Cet atelier est une étape de recherche chorégraphique et performative autour des origines, du métissage et du pouvoir du corps féminin, qui prépare les participantes à devenir les Impératrices, complices de la performance prévue le 16 mai au festival Les Plus Belles de Mai.
Après un échauffement mêlant danse et arts martiaux, la séance explore la présence, l’individualité et la puissance corporelle. Les participantes expérimentent des jeux d’attraction et de répulsion, testent leurs réactions face aux bruits et stimuli du monde, et cherchent leur propre identité scénique.
L’atelier aborde aussi la question du territoire et de la conquête de l’espace, guidée par l’image de l’araignée : comment occuper le plateau ensemble, créer une dynamique de groupe tout en affirmant sa singularité.
Chaque temps de pratique est ponctué d’échanges, permettant aux Impératrices d’affiner leur posture, leur gestuelle et leur présence en vue de la performance collective. Une exploration physique, politique et poétique qui transforme le trouble en puissance, et prépare le geste artistique qui prendra vie sur scène en mai.

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Une vue d’ensemble sur les horaires :

Pour toute proposition concernant les chaises musicales (improvisations libres) merci de contacter Marine Quiniou à l’adresse mail suivante : marine@silex.email.

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